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Lettre du 12 juillet 2011

BOURGOGNE 2010

Les nouveautés bourguignonnes proviennent cette année de M. François Labet, propriétaire du Château de la Tour au Clos Vougeot :

- d'une part il a créé pour le millésime 2010 une sélection spéciale des plus vieilles vignes de son Clos Vougeot, plantées il y a exactement 100 ans par son grand-père M. Jean Morin. Cette cuvée est logiquement dénommée "Hommage à Jean Morin".

- d'autre part, nous avons sélectionné deux Beaune 1er cru et village de son Domaine familial. Ces deux beaux vins, dont la puissance évoque davantage Pommard que Volnay, sont produits par l'équipe et vinifiés dans la cave du Château la Tour. Tarifs tout à fait raisonnables.

DOMINIO DE PINGUS 2010

Les trois vins de M. Peter Sisseck sont bien sûr présents cette année : son grand vin Pingus (qui a décidé de ne pas suivre le prix des premiers crus bordelais), son second vin Flor de Pingus et le vin de PSI élaboré en partenariat avec des vignerons de Ribeira en biodynamie comme lui.

Meilleur à l'ouest qu'à l'est de l'Espagne, le millésime 2010 fut marqué en Ribeira del Duero par un été sec mais frais. Comme à Bordeaux, les vins nous ont paru riches et séveux mais aussi élancés, toniques et certainement bâtis pour une bonne garde.

Difficile de dire en une seule dégustation si ses 2010 surclasseront ses 2009 mais les notes que Parker a jusqu'à présent attribuées à Dominio de Pingus sont d'une régularité tout simplement prodigieuse.
Sur les six derniers millésimes, de 2004 à 2009, Pingus a toujours été noté entre 98 et 100/100, Flor de Pingus entre 95 et 98/100.
Aucun cru au Monde ne peut se prévaloir de telles notes !



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Lettre du 6 juin 2011

BOURGOGNE 2010
(grand millésime pour les blancs, inespéré pour les rouges)

Alors que la réussite du millésime 2009 était homogène sur toute la France, en 2010 la Bourgogne n'a pas eu le bonheur de bénéficier d'un climat identique à celui de Bordeaux.

Au nord d'une ligne Rennes-Lyon, le mois d'août fut frais mais pluvieux. Une période de (très relatif) beau temps sec s'installa du 9 septembre au 3 octobre, entrecoupée d'une seule pluie significative le 24 septembre.

Normalement, un mois ne suffit pas pour permettre aux pinots ou chardonnays d'arriver à bonne maturité, et ce d'autant moins si les raisins ont été gonflés par les pluies d'août. Par chance (?), 2010 s'avère être une des récoltes les plus faibles des 50 dernières années en Bourgogne. Une gelée sévère (-19°C le 20 décembre) amputa sérieusement le potentiel végétal à venir et la floraison mi-juin traîna en longueur occasionnant coulure et millerandage.

Avec de très faibles charges, la vigne était en condition pour mieux supporter l'inconstance du mois d'août et ensuite mûrir rapidement. C'est l'étroitesse de la production, faite de raisins petits mais mûrs et goûteux, qui a sauvé le millésime. Avec seulement 5 hl de plus par ha, 2010 aurait été franchement médiocre.

Dans les blancs, sous réserve que la qualité sanitaire ait été préservée, la fraîcheur d'août et septembre se traduit par des vins de belle minéralité avec une acidité créant une sensation de fraîcheur persistante. Les palettes aromatiques sont nettes et étendues, nous situons 2010 au niveau de 2006.

Pour les rouges, c'est un millésime d'un grand classicisme avec des vins purs, droits et équilibrés, de bonne garde et d'une richesse surprenante quand on se souvient des conditions climatiques qui ont prévalu. 2010 ressemble à 2001 ou 2006, mais en plus mûr et plus intense. La qualité des terroirs et surtout du travail à la vigne a fait la différence, heureusement que la Bourgogne est tenue par des jardiniers.

Les prix devraient être similaires à ceux de l'an dernier, les producteurs ne voulant pas retranscrire sur leurs tarifs la perte de récolte de 2010 (par exemple -30% au Domaine Arlaud).

Pour l'instant, seuls les vins blancs des Domaines Chavy et Chartron ont été mis en vente, mais les vins rouges des Domaines Trapet, Arlaud, Château de la Tour... ne devraient pas tarder.

RHÔNE 2010
(très grand millésime, supérieurement élégant, en blanc comme en rouge)

Du nord au sud de la vallée du Rhône, nous retrouvons peu ou prou les mêmes circonstances météo qu'à Bordeaux, avec un été ensoleillé sans chaleur accablante et une sécheresse finalement normale pour la région.

Ici aussi, l'acidité du millésime a vivifié les vins blancs secs. Moins expansifs, plus secs et plus élégants que d'habitude, marsanne et roussanne prennent en 2010 des accents de chardonnays bourguignons. Belle garde à prévoir.

Pas d'opulence comme dans les derniers millésimes mais une élégance rare dans les vins rouges du nord au sud. Les rendements faibles, notamment pour les grenaches dont la fleur a beaucoup coulé, assuraient la concentration des baies tandis que l'absence de période caniculaire permettait une maturation lente et limitait les richesses en sucres.

Dans le nord, les syrahs ont donné des vins savoureux, au fruité éclatant, longs, surfins, conjuguant parfaitement maturité et fraîcheur, minéralité et générosité. Toutes les appellations sont splendides, vraiment très réussies.

Dans le sud, à Châteauneuf-du-Pape comme ailleurs, les vins sont denses mais, du fait de degrés alcooliques moindres qu'en 2009 ou 2007, restent étonnamment frais, digestes et gourmands, sur des équilibres quasi médocains. Presque aériens !

La gamme de Tardieu-Laurent reste inchangée cette année. Tout comme ses prix. Ainsi, ses 2010 sont au même prix que ses... 2004 ! Merci à ses viticulteurs du Rhône qui savent rester imperturbables.


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