23/10/2026
Les premiers écoulages (quand le vin est sorti de cuve pour être descendu en barriques et débuter son élevage), nous pouvons commencer à entrevoir la qualité du millésime 2026 à Bordeaux, après un été durablement (sans discontinuer de mai à octobre !) chaud et sec :
• état sanitaire parfait pour les raisins blancs et rouges. Tellement parfait que les Sauternais ont ramassé des raisins passerillés (concentration par dessèchement) plutôt que botrytisés (concentration par la pourriture noble). Nous nous attendons à découvrir des profils aromatiques de fruits secs et miel, plus proches des vins de paille que des liquoreux habituels.
• pour les vins blancs secs, les maturités étant déjà là début août, les producteurs ont entamé leurs vendanges sans attendre, souvent avant même le 15 août, afin de ne pas risquer de perdre en fraîcheur et en acidité. Le savoir-faire et la technicité des producteurs feront la différence.
• pour les rouges, même si les maturités ont pu être bloquées au cœur du mois d'août, les vignerons ont eu tout loisir de ramasser à leur rythme des raisins parfaitement mûrs début septembre sous une météo idéale.
- la résilience des vignes dans des conditions particulièrement sèches est remarquable. Du nord au sud de la Gironde, il était notable fin août de remarquer à quel point les vignes étaient les seules taches vertes du paysage, tandis que toutes les prairies et pelouses étaient grillées. Avec un système racinaire profond, les vignes âgées ont su trouver en toutes circonstances l'eau nécessaire à leur développement.
-preuve de cette résilience, les producteurs bordelais qui craignaient une très maigre récolte 2026 (baies de petite taille, avec des peaux épaisses et peu de jus) ont été agréablement surpris après écoulage par des volumes réduits mais finalement supérieurs (+11%) à ceux du millésime 2025.
- en conséquence, nous nous attendons à découvrir des rouges 2026 a minima d'un excellent niveau, peut-être comparable à celui des 2022, très grand millésime de chaleur et de sécheresse (et d'incendies !).
En aparté, nous avons les mêmes échos en Bourgogne où les vignerons parlent d'un millésime 2026 "historique" (cf. la couverture de Bourgogne Aujourd'hui octobre-novembre 2026).
08/09/2026
Selon les estimations du Ministère de l'Agriculture au 1er octobre, la production viticole des AOP françaises s’établirait à près de 35 millions d’hectolitres en 2026, soit une baisse de 7 % par rapport à 2025 et de 15 % par rapport à la moyenne quinquennale (incluant pourtant 3 années de faibles rendements en 2021, 2024 et 2025). Il s’agirait donc d’une des productions les plus faibles de ces 30 dernières années.
Le recul des surfaces viticoles (arrachages, abandon de fermages…), estimé à -2,5 % sur l'année écoulée, ne suffit pas à expliquer cette diminution. De même, le début de saison était favorable, avec une bonne recharge en eau des sols au printemps, une sortie généreuse et une faible pression des maladies.
Cependant, les conditions météorologiques de l'été 2026, marqué par une sécheresse quasi-permanente et des canicules répétées, ont fortement pénalisé les rendements en entrainant un stress hydrique excessif (limitation de la taille des baies) voire l’échaudage des vignes (défoliation, flétrissement des raisins).
La plupart des vignobles ont débuté les vendanges dès le mois d’août. Les rendements sont très contrastés d’une région à une autre, selon que le vignoble a bénéficié ou non de précipitations tardives ou d'autorisation d'irrigation :
07/07/2026
Depuis mai, la précocité du millésime 2026 (déjà acquise du fait d'un débourrement en avance de 3 semaines, suivi d'une floraison rapide) s'amplifie sous l'effet des canicules successives.
Les dates de vendanges envisagées (pour l'ensemble des appellations bordelaises, et pas simplement pour les terroirs les plus précoces) sont remarquables et battront à coup sûr bien des records :
Les canicules étant doublées d'une sécheresse permanente, ce sont les vignes les plus jeunes et/ou sur les sols de sable les plus drainants (le sud du Haut-Médoc aux portes de Bordeaux, les Graves en lisière de la forêt landaise, les Saint-Émilion et Pomerol en périphérie de Libourne) qui en pâtiront le plus.
A contrario, les vieilles vignes au système racinaire profond, les terroirs sur des sous-sols argileux ou argilo-calcaires sauront, sauf circonstances météorologiques extrêmes, tirer le meilleur parti de ces canicules estivales pour élaborer de grands vins comme ce fut le cas en 2022.