Monde du vin

Maigre récolte 2026

08/09/2026

Selon les estimations au 1er septembre, la production viticole française s’établirait à près de 34 millions d’hectolitres en 2026, soit une baisse de 6 % par rapport à 2025 et de 17 % par rapport à la moyenne quinquennale (incluant pourtant 3 années de faibles rendements en 2021, 2024 et 2025). Il s’agirait donc d’une des productions les plus faibles de ces 30 dernières années.

Le recul des surfaces viticoles (arrachages, abandon de fermages…), estimé à -2,5 % sur l'année écoulée, ne suffit pas à expliquer cette diminution. De même, le début de saison était favorable, avec une bonne recharge en eau des sols au printemps, une sortie généreuse et une faible pression des maladies.

Cependant, les conditions météorologiques de l'été 2026, marqué par une sécheresse quasi-permanente et des canicules répétées, ont fortement pénalisé les rendements en entrainant un stress hydrique excessif (limitation de la taille des baies) voire l’échaudage des vignes (défoliation, flétrissement des raisins).

La plupart des vignobles ont débuté les vendanges dès le mois d’août. Les rendements sont très contrastés d’une région à une autre, selon que le vignoble a bénéficié ou non de précipitations tardives ou d'autorisation d'irrigation :

  • À Bordeaux, les pluies de fin août ont été salvatrices. Malgré l’arrachage de près de 5 000 ha, la production devrait augmenter de +10 % par rapport à 2025, tout en restant en dessous de la moyenne quinquennale (-11 %).
  • En Languedoc-Roussillon, la production serait en hausse de +5 % par rapport à 2025, mais resterait inférieure de -8 % à la moyenne quinquennale. Cette hausse masque toutefois de fortes disparités locales, selon le recours des exploitations à l’irrigation.
  • Dans le Sud-Est, les récentes précipitations ont été bénéfiques même si les épisodes de grêle dans le Vaucluse, en Ardèche et dans la Drôme ont alourdi les pertes. La production devrait s’aligner sur celle de 2025 (+2 %), en dessous de la moyenne quinquennale (-8 %).
  • En Corse, les vendanges, lancées début août, affichent des volumes finalement peu affectés par la canicule grâce à un recours efficace à l’irrigation. La production s’inscrirait dans la moyenne quinquennale, avec une légère baisse (-4 %) par rapport à 2025.
  • En Alsace, la sécheresse a limité le volume des baies même si les vignes ont profité de pluies tardives. Les vendanges, entamées le 18 août, donneront une récolte inférieure à celle, déjà faible, de 2025 (-6 %).
  • En Vallée de la Loire, les vendanges, commencées vers le 10 août, donneront une production en retrait par rapport à 2025 (-12 %) et à la moyenne quinquennale (-18 %)
  • Dans le Beaujolais, les vendanges ont débuté vers le 13 août, confirmant des rendements historiquement bas (-33 % par rapport à 2025 et à la moyenne quinquennale).
  • Dans le Jura, la sécheresse a donné des raisins de très petite taille, provoquant un volume nettement inférieur à 2025 (-36 %), mais seulement de -13 % par rapport à la moyenne quinquennale.
  • En Champagne, les vendanges ont démarré dès le 10 août. Après des aléas climatiques (gel dans l’Aisne, grêle, sécheresse depuis mars), le poids des grappes atteint son plus bas niveau depuis 20 ans et la récolte s’annonce réduite de moitié (-50 %) par rapport à 2025 et à la moyenne quinquennale.
  • En Bourgogne, grêle, sécheresse et canicules ont fortement réduit les rendements attendus. Le Pinot noir, particulièrement touché, accuse des pertes dépassant -50 %.

Précocité des vendanges 2026 dans le Bordelais

07/07/2026

Depuis mai, la précocité du millésime 2026 (déjà acquise du fait d'un débourrement en avance de 3 semaines, suivi d'une floraison rapide) s'amplifie sous l'effet des canicules successives.

Les dates de vendanges envisagées (pour l'ensemble des appellations bordelaises, et pas simplement pour les terroirs les plus précoces) sont remarquables et battront à coup sûr bien des records :

  • 1ère semaine d'août : vendanges des Crémants de Bordeaux, pour lesquels la conservation de l'acidité est primordiale,
  • 15 août : vendanges des blancs secs,
  • dernière semaine d'août : vendanges des merlots
  • compte tenu d'une durée moyenne des vendanges de l'ordre de 20 jours, les derniers cabernets seront vraisemblablement ramassés avant la mi-septembre.

Les canicules étant doublées d'une sécheresse permanente, ce sont les vignes les plus jeunes et/ou sur les sols de sable les plus drainants (le sud du Haut-Médoc aux portes de Bordeaux, les Graves en lisière de la forêt landaise, les Saint-Émilion et Pomerol en périphérie de Libourne) qui en pâtiront le plus.

A contrario, les vieilles vignes au système racinaire profond, les terroirs sur des sous-sols argileux ou argilo-calcaires sauront, sauf circonstances météorologiques extrêmes, tirer le meilleur parti de ces canicules estivales pour élaborer de grands vins comme ce fut le cas en 2022.

Les tendances du marché hexagonal

13/04/2026

L'agence SoWine vient de publier son étude 2026 riche en informations sur la consommation des boissons alcoolisées en France :

• le type de boisson. Le vin reste la boisson alcoolisée préférée, pour 52% des sondés, devant la bière (51%), les Champagnes (34%), les cocktails (29%), les effervescents (22%), les cidres (20%), les spiritueux purs (18%)...

• la couleur du vin. Pour les consommateurs de vin, le blanc (91%) l'emporte, devant les Champagnes (87%), les rosés (85%), les rouges (83%), les effervescents français (79%), les effervescents étrangers (62%)...

• le vignoble. Bordeaux (61%) est toujours la première région préférée des français, devant la Bourgogne (58%), la Champagne (42%), la vallée du Rhône (40%), l'Alsace (39%)...